Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

La sphère privée dans les services à la personne

En liaison avec le développement de dispositifs publics spécifiques de soutien à l’emploi à domicile (cf. supra), une évolution commune aux pays étudiés est la marchandisation des services, alors soumis aux règles du marché (émergence d’une offre privée et d’une demande solvable, concurrence entre les offreurs, plus grande liberté de choix des consommateurs, décentralisation des procédures)1. Ces services, qui étaient rendus de manière informelle ou financés et fournis par l’État, sont maintenant intermédiés par le marché, même s’ils demeurent financés en partie par les pouvoirs publics. La marchandisation s’est traduite par la fourniture croissante de services par des structures privées à but lucratif au détriment d’organisations publiques ou non lucratives, ce qui interroge le modèle économique de ces activités. Cette évolution a été encouragée par des politiques visant à solvabiliser la demande privée (par le biais d’exonérations sociales, de réductions fiscales, de transferts monétaires – cf. supra) et par des évolutions législatives favorisant le développement d’une offre privée pour répondre à ces besoins en croissance. Le poids des différents types d’offreurs de SAP diffère selon les pays, en rapport avec celui assigné traditionnellement à l’État, au marché et à la famille2. Cependant, une tendance commune aux pays étudiés est l’augmentation de la part des structures commerciales dans l’offre globale de ces services à domicile. Alors que leur demande est croissante, cette évolution a permis à l’État de se désengager (ou de ne pas s’engager) de la fourniture directe des SAP au profit d’acteurs privés. Plus finement, il convient de distinguer les offreurs selon les types de services offerts. Le niveau de marchandisation est plus élevé pour les services de confort – qui correspondent à des besoins émergents à fort degré de solvabilité et pour lesquels les structures commerciales se sont positionnées massivement – que pour les services auprès des personnes dépendantes qui répondent à des besoins en croissance et pour lesquels préexistaient dans chaque pays des modalités de prise en charge (principalement assurées par les pouvoirs publics, des structures non lucratives dans les pays continentaux ou le réseau familial). Dans tous les cas, il s’agit majoritairement de structures de petite taille.

Les commentaires sont fermés.